What's new |
|
|
|
|
Latest contacts |
|
|
|
|
|
|
| Show all |
|
|
|
|
May 17th, 2007 Comme tous les jours, la caravane reprend sa route. Je redoute les premières heures car ce sont les premières douleurs. Le froid, d'abord, qui m'enveloppe le moignon puis les petits bobos du genou. Mais aujourd'hui, ça a l'air d'aller bien. A la première étape, nous affichons 2,5 km. Je suis très concentré sur chaque pas. Le bonheur m'envahit, je n'ai plus du tout mal.
La température augmente et il n'y a pas de vent. Aujourd'hui : grande journée, pas de douleurs et nous atteignons le point culminant de notre traversée : 2500 mètres d'altitude. Derrière nous, 24 longs jours de montée, de souffrances, mais c'est déjà du passé. Je veux vivre l'instant présent. Il reste encore +- 130 km et normalement de descente !
Je suis heureux de ce parcours. J'aurais dû abandonner plein de fois mais chaque pas m'a permis de continuer, de ne pas lâcher. Je dois encore résister, l'histoire est trop belle pour s'arrêter là.
Vos messages me ramènent de la chaleur dans mon âme ouverte, au corps meurtri.
Je me souviens sur mon lit d'hôpital, il y a déjà 24 ans, ce gamin de 18 ans venait de comprendre qu'il ne remarcherait jamais plus comme avant. Au moment présent, on lui aurait annoncé qu'un homme amputé avait réussi à traverser le Groenland à pied et en autonomie compléte, il aurait explosé de joie. Alors le gamin que j'étais se serait senti soulagé...
Voilà une des multiples raisons de cette folle et grande aventure. Mon âme, à chaque pas gagné, ouvre une page pleine d'amour et de lumière.
Ce soir 18,2 km : contrat rempli.
Position : 66'18"N / 043'32"O
Pensées : A Jean-Luc artisan "ticherteur". Drôle d'Impression et son équipe féminine (ah c'est qu'il est malin !!!)
Et à Pierrot du plateau du Coscione et JF D rencontré un jour d'hiver tout là haut.
A suffrenza é nunda ghunje sempré a delivrenza !
(La souffrance est rien, arrive toujours la délivrance !) écrit en Corse avec plein de fautes. May 16th, 2007 Ce matin, tout est givré, comme si on avait pulvérisé de la poudre blanche de partout. Le temps de démonter le campement, nous givrons aussi. La température est de -28 à l'abri. Heureusement que le vent n'est pas de la partie.
On reprend la route. Niko ouvre la marche, suivi de Hogan, puis moi. De nouveau, je souffre du genou. Je m'arrête et découpe encore un morceau de la prothèse qui ne ressemble plus du tout à son origine. Je repars, ça a l'air d'être mieux. Je sers les dents jusqu'à la première heure, paufine le découpage et on repart. Petit à petit, ça va mieux.
L'après-midi ensoleillé m'apportera le bonheur de ne pas souffrir.
18,2 km : le contrat rempli, nous montons le camp. La neige fond sous l'effet du réchaud et je mets de la bande adhésive sur la prothèse pour prévenir des usures et des coupures sur le bas et le pantalon.
Après une longue journée de labeur, c'est un vrai bonheur de se glisser dans le duvet et d'engloutir le dîner. Ici les petites choses insignifiantes deviennent des moments priviligiés.
Pour vous décrire le décor dans lequel nous évoluons, c'est simple, il suffit de s'imaginer sur un océan très calme et de temps en temps, y surgit une vague de houle d'une dizaine de mètres étendue sur un kilomètre avec 100 kilos aux fesses à remorquer. Le tout est figé et blanc à l'infini. Pas le moindre repère ou dépaysement. Le même blanc à l'infini.
Nous atteignons les 2480 mètres d'altitude, à la position 66'20"Nord / 043'56" Ouest à +- 160 km de la délivrance.
Pensées : A ma belle-famille, beaux-frères, belles-soeurs, neveux, nièces et bien sur à Félicia et Bernard. D'ailleurs, petite réflexion polaire : La croyance ? C'est d'abord croire en soi, pour croire aux autres et de là commence la croyance... May 15th, 2007 Ce matin à 6h00, la température était de -12 degrés sans vent.
Nous reprenons la route dès la première heure. Mon genou me fait souffrir, je m'arrête et découpe de nouveau l'emboîture. Je suis un peu usé de cette douleur sourde et n'arrive pas à trouver l'endroit à ôter. Petit à petit ça devient supportable et la caravane avance.
Le ciel, qui était gris avec quelques giboulées de neige, laisse place à un grand ciel bleu sans vent. A midi, il fait +2 degrés à 2450 mètres d'altitude à la latitude 66 nord !!! Il y a 3 jours, il faisait -50 au vent et maintenant c'est la canicule polaire. Nous souffrons énormement de la chaleur car nos corps s'étaient habitués au froid extrême.
A 18h00, le camp est en place et nous décidons vu la chaleur -8 !!! de nous offrir une douche polaire : chacun muni de son thermos en tenue d'Eve (Note du webmaster : Frank je me permets d'intervenir pour corriger ici et mettre plutôt "en tenue d'Adam !!") nous nous frottons à la neige et nous finissons avec l'eau chaude de nos gourdes ! Les rires fuses et nous sommes heureux de ce super moment de joie !!!
Calme plat. Pas de vent et du soleil. La tente devient une serre et nous atteignons les 21 degrés. Nous nous détendons pour apprécier les 272 km de côtes déjà faits. Aujourd'hui 18,2 km effectués malgré les douleurs du matin et la forte chaleur. Mission remplie !!
Quand on parle de réchauffement de la planète, je ne sais pas ce que vous en pensez mais ce que nous avons vécu aujourd'hui est significatif !
Pensées : A Pascale Arribe et Alexandre Ard de la Fondation "Little Dream" ainsi qu'à leurs Présidents Oriane et Phil Collins. May 14th, 2007 Le coup de vent est passé. Nos tentes sont entourées de congères de 1,50 mètres. On fait un boulot de terrassiers pour pouvoir démonter le campement et vers 8h00, on reprend la route.
La température est bonne, seulement -17 à l'abri, -24 au vent. A la première heure, de nouveau le genou me fait mal. J'ai du mal à accepter cette douleur. Au premier arrêt, je décide de créer une fenêtre sur le côté droit de la prothèse et effectivement la douleur s'attenue doucement. A chaque arrêt, je bricole dessus. Au fil de la marche, je me pose
des questions : pourquoi, depuis le départ, je souffre ? Dans ma réflexion, Dame Souffrance est venue me voir. Plutôt que l'ignorer, je lui ai souri !
Je lui demande pourquoi elle me hante ? A son tour, elle me sourit et me répond ceci : "tu es venu sur mon territoire et je t'ai accepté. Tu veux jouer au pionnier mais il y a des règles. Ici c'est le désert de glace et beaucoup s'y sont frottés pour multiples raisons et tous ont souffert. Souviens-toi de Nansen, Franklin, Baffin, Scott, Admundsen... Certains se sont perdus pendant des années, d'autres se sont mangés entre-eux, d'autres sont morts, leur souffance a perduré pendant des mois. Les priviligiés, qui ont eu la chance de rentrer chez eux, ont ramené l'espoir et la découverte. Encore aujourd'hui, des mers et des régions portent leurs noms et toi, tu te plains, tu pars traverser un continent de glaces avec une jambe en moins, tu veux être le pionnier dans l'aventure sans souffrir ? Ton genou crois-tu que c'est aussi grave ? tu te plains comme un nouveau né, je suis là pour te faire rendre compte qu'être un pionnier, ça a un prix !"
Le souffle du vent, c'est bien lui, m'avait sussuré la réponse que j'attendais...
La journée se finissait plus sereinement.
Ce soir, j'appelle la maison, ça réchauffe le coeur, ce soir, je m'endormirais sereinement !
18,5 km effectués aujourd'hui, nous avons déjà parcouru 260 km !
Altitude : 2380 mètres, bientôt le sommet
Pensées : Véro, Yves et Christophe gardien du Cabochard. May 13th, 2007 Depuis hier, le vent du sud nous balaie le campement. La température à l'abri du vent est remontée à -16, ce qui donne -43 au vent, c'est le printemps !
Ce matin, nous nous reposons et de nouveau, Jozef, la mascotte, me souffle ceci :
Amputé des glaces unijambiste polaire
Tu avances dans ce désert de glace
Tu souffres, grimaces, pourtant tu es fier
Etre homme libre n'est pas toujours aisé
Peu de gens comprennent tes pas
Toi tu sais, la vie, la vraie
N'est pas derrière ou devant, mais là
A l'endroit présent où le temps est arrêté
Tu avances pour toi, pour moi, ami
Car si un combat doit être fait
Il doit avoir toujours la même envie
Celui de faire partager le verbe aimer !!!
Finalement, le vent se maintient et la décision est prise : journée de récup qui fera du bien à tout le monde.
On rattrape le sommeil, réparation du matos qui s'use comme les hommes, rapiécage des gants, des collants, du grand panneau solaire... On mange. C'est assez énorme la quantité de nourriture riche que l'on consomme : pain d'épice avec du beurre, tartine de crème de fromage sur biscotte, mini cake au chocolat, saucisson, la liste fait peur... Et avec ce régime , on a sévèrement décollé d'aprés nos habits. On a du perdre 5 kilos, ça laisse rêveur avec nos menus pas forcément "diet" !!!
J'appelle ma Véro qui nous annonce que le coup de vent d'après "météo consult" molira cette nuit.
Pensées aux élèves des écoles primaires de Santa Maria Poggio avec leurs charmantes assistante, maîtresse qui j'espère, tient sa promesse d'arrêter de fumer ! Ainsi qu'aux élèves de primaires de Bonifacio et Eric leur professeur, vos dessins sur mes skis me donnent beaucoup de baume au coeur.
|
|
|
Sponsored Links
|