What's new

Recently commented post

Petite soeur du bout du monde... (1 Comment)

Most popular post

8 fois Champion du Monde et pas reconnu par la France ???

Latest contacts

JPVIDAL

milie

France

MilieTardieu

France

Severine

Paris,

totor42

Trieux, France
Show all (6 contacts)
December 30th, 2007

Petite soeur du bout du monde...

diamant05.jpg
Toujours en route pour la péninsule, la houle et le vent sont faibles, aussi le baro dégringole mais la dépression est tellement vaste que nous sommes pour l'instant protégés.

Je voudrais vous raconter un conte ou une histoire...

Depuis notre départ, nous sommes choyés par un équipage de grande classe. L'équipe qui gère la cambuse de bord est d'origine indonésienne. Nous sommes avec eux aux trois repas du jours et notre serveur atitré se fait nommer "Dédé". Curieux des gens et de leurs parcours, nous lions d'amitié. J'essaie d'enregistrer les mots de base de la langue indonésienne... Mais ce soir, j'ai envie d'en savoir un peu plus sur cet homme qui a une vibration différente des autres.

Il me parle de ses 8 mois de mer en zone polaire, lui, l'homme des plages de sable blanc, de son pays, de son île, de sa religion... Puis, un grand silence, des larmes lui montent aux yeux et il m'explique qu'à la première soirée, il avait pleuré toute la nuit car là-bas, dans son lointain chez lui, il a laissé une petite soeur maintenant âgée de 19 ans. Mais, elle aussi a une différence, exactement comme Hélèna. Elle est née avec une amputation tibiale.

Nous discutons, nous échangeons, mais ma tête est déjà partie sur un dossier, un projet... la réalisation d'une opération.

15 minutes m'auront suffit pour comprendre pourquoi, en plus de mes quatre pensionnaires en croisière ici, j'étais monté sur ce bateau.

Cette jeune fille, depuis sa naissance, n'a pas eu le privilège d'être appareillée. Alors ce soir, juste après avoir passé les 60èmes déferlants par calme plat, une belle histoire vient de démarrer...

Je me suis engagé à faire appareiller cette jeune fille, qui depuis 19 ans, se déplace sur ses mains. Le projet est simple. Dédé rentre en Indonésie en mai, il reste 4 mois, pendant lesquels il lui fera faire un passeport et un visa pour la France. De là, Bout de Vie prendra en charge son rapatriement pour Nice où je suis traité et après 15 jours, elle rentrera avec sa première prothèse.

Jo zef, au fait, qui était resté muet sur le journal de bord depuis un bon moment, ricane, car lui savait ce qui m'attendait ici.

Chaque matin, quand tu te lèves, souris car cette journée est un cadeau...

Au fait, demain matin, nous devrions arriver en péninsule Antarctique...

Selamat tinggal (au revoir en indonésien)
Comments (1) | Posted by BOUTDEVIE
December 29th, 2007

Cap sur la péninsule

paysages04.jpg
Le vent s'essoufle et nous reprenons la route, cap au 240°. La houle est très forte. La nuit fut pénible pour tout le monde. Le matin, au petit déjeuner, Stéphanie et Hélèna manquent à l'appel : le mal de mer a eu raison d'elles.

La houle, tout au long de la journée, se tasse et les icebergs commencent à se faire plus nombreux. Nicolas organise une conférence sur les icebergs et la banquise. La passerelle nous invite. Le radar nous indique une multitude de "glaçons" , d'ailleurs, nous passons juste à côté d'un de plus de 4 km de long par 2 de large. Celui-ci est perforé de grottes immenses et juste à notre passage, l'une d'entre-elles s'écroule : spectacle surréaliste.

La vie en mer est au ralenti. Le célèbre médecin de Haute Montagne, Emmanuel Gauchi, qui a débarqué en Géorgie du Sud, du bateau d'Isabelle Autissiser, se joint à notre petit groupe et l'équipe se régale de recits de courses de Haute Montagne.

Nous avons reçu une image satellite de la glace et à notre grande surprise, un iceberg de plus de 50 kilomètres de long s'est échoué aux abords de l'île de l'Eléphant. Nous verrons demain l'évolution et la route à faire.

Le baro, après être ressurgi des enfers, a repris un aspect "humain", ce qui présage au moins 24 heures de bon.
Comments (0) | Posted by BOUTDEVIE
December 28th, 2007

Hommes à la mer !

faune_flore07.jpgexpedition04.jpgexpedition08.jpg

Ce matin le vent a repris de plus belle. 60 noeuds établis, 80 en rafale. Nous sommes à l'abri de l'île mais l'effet de fetch est très important. Nous sommes à la pointe sud de la Géorgie et bien sûr, comme toute île, aux extrémités le vent y est toujours plus fort.

Nous pénétrons dans un fjord gigantesque avec des falaises de plus de 1500 mètres de hauteur se jetant dans la mer. Au fond de ce goulet, trois immenses glaciers forment trois anses. La mer est plate, mais les rafales de vent font fumer la surface de l'eau. Les giboulées de neige nous fouettent le visage. L'impression de ne pas être sur la planète Terre est partagée par tout le monde. Nous nous sentons vraiment petits devant autant de beauté pure. Les conditions ne s'améliorent toujours pas, alors nous reprenons la mer plus vers le milieu de l'île, toujours sous le vent.

Vers 15 heures finalement le vent s'essouffle et nous mouillons devant une grande anse ouverte à la houle mais d'une beauté assez déroutante. Des hautes montagnes en fond avec un immense glacier qui est arrêté par une série de falaises de basalte et en dessous un lac avec une frange de littoral en sable noir où cohabitent des milliers de manchots royaux et papous avec des otaries à fourrure et des éléphants de mer.

Sur la plage arrière du bateau, la houle frappe très fort. Les annexes sont mises à l'eau mais une vague plus méchante que les autres sectionne le filin qui tenait la plateforme. En une fraction de seconde tout part à la mer. Dessus Yvon le bosco et son matelot sont éjectés, par chance côté mer et non passerelle. Ils tombent à l'eau. La température est de 2 degrés. Le zodiac est immédiatement sur eux. Ils sont hissés à bord avec aucune blessure. Ouf... plus de peur que de mal.

Par la coupée tribord, nous arrivons à débarquer et sur la plage les rouleaux nous submergent. Malgré nos affaires étanches, l'eau s'infiltre et nous glace un peu. L'exercice en vaut la chandelle. Le spectable est magnifique, nous le savons, nous sommes des priviligiés d'être ici.

L'équipe Bout de Vie est complimentée par tout l'équipage du Diamant pour son audace et courage. C'est autour d'une bonne tisane chaude que nous nous remémorons cette journée incroyable.

Comments (0) | Posted by BOUTDEVIE
December 27th, 2007

Dépression antarctique

faune_flore28.jpg

Hier soir, avant le couché, j'avais prévenu l'équipe de bien câler les affaires car une dépression effrayante nous arrivait dessus. 975 hectopascals coincés entre deux anticyclones, les connaisseurs peuvent apprécier !!!

Dans la nuit, le vent est arrivé de plus en plus fort, au petit matin, il se calait à 60 noeuds constants ! Nous devons renoncer à gagner le nord de l'île. Le vent est de Nord Nord Ouest, demi-tour pour essayer de se cacher dans un fjord mais l'ouragan nous gagne une heure avant de pénétrer dans Fortuna Bay. L'anémomètre du bateau se cale à 100 noeuds soit 180 kilomètres !

De ma vie de nomade des mers, je n'avais jamais vécu cela en mer. Les mots sont difficiles pour décrire cette expérience. La mer n'est plus que poussière blanche, l'air presque irrespirable, la houle est une succession d'immeubles et nous au milieu de ce chaos.

L'équipage Bout de Vie, bien qu'inquiet, n'a pas bougé. Les consignes respectées à la lettre, tout est "saisi" (attaché) à bord. Bien sûr, personne n'a le droit de pratiquer les coursives extérieures. Chacun de nous est cloué au lit. Nous sommes bien secoués et tout déplacemnet est trés difficile.

Finalement, nous pénétrons dans le fjord. Le vent est moins violent, mais par moment les rafales s'abattent sur nous comme des coups de poing.

Au fond du fjord, un mini lac salé. Aux Antilles, on appellerait ça un trou à cyclone. Le vent ici n'est plus qu'à 40 noeuds avec quelques rafales. L'ancre ne peut pour l'instant être jetée, mais la bonne nouvelle est que le baromètre, qui avait fait une chute vertigineuse, attaque une constante augmentation et progressivement le vent n'est plus un ouragan mais juste une tempête !

Vers 17 heures, un zodiac est mis à l'eau et malgré le vent, nous descendons à terre. Personne ne se lâche, l'ordre est de ne pas s'éloigner de moins de 50 mètres des uns des autres.

La plage est couverte d'otaries à fourrure et de gros éléphants de mer. La neige se met à tomber en abondance et une rafale cabatique nous plaque au sol. Le Diamant pratiquement se couche sur l'eau, l'ordre est donné de regagner le bord instantanèment.

L'équipage Bout de Vie est complimentée sur sa discipline et dextérité à réagir. La tempête s'éloigne mais ce moment de furie restera à tout jamais gravé dans nos mémoires.

Stéphanie, Rémi, Hélèna, Steve, Véro et moi-même profitont de ce journal pour vous dire qu'on pense fort à vous et que nous vous embrassons. Que les dieux des océans polaires vous protègent vous aussi...

Une fois de plus, ce proverbe prend tout son sens : "Un souvenir ça ne s'achète pas, mais ça se vit !!!"

(je sais je me répète mais il est de circonstance !!!)

Comments (0) | Posted by BOUTDEVIE
December 26th, 2007

Et si c'était le paradis ?

paysages08.jpg

A 4h30, nous sommes finalement en train de longer la côte nord Est de la Géorgie du Sud. La mer se calme et le soleil se met à briller. L'équipe Bout de Vie est en train de récupérer. Je ne peux dormir, je monte à la paserelle. L'ambiance est calme. Le coup de vent est déjà derrière, un souffle tribord avant.

8 orques nous accompagnent. Ils sont tranquilles. Coup de radio dans les cabines des naturalistes pour qu'ils nous rejoignent et nous sommes scotchés de ce ballet incroyable.

A 6h30, nous sommes au mouillage, devant l'ex station baleinière. Les vestiges sont intacts. Plus de 1 300 000 baleines y ont été tuées !

Passeports récupérés par les autorités locales, bottes nettoyées, nous descendons à terre. Les plages sont jonchées de débris laissés par les dépeceurs de cétacés et recouvrent la rive. Les éléphants de mer et les phoques à fourrure nous accueillent. Des manchots royaux sont là aussi pour nous observer.

Un voilier est amaré sur un vieux ponton flottant, c'est l'équipe d'Isabelle Autissier qui navigue ici depuis deux mois. Rémi aura droit à une photo avec la célèbre navigatrice.

Tout près de la cité fantôme un immense névé et voilà que nous profitons d'un moment de repos pour faire des glissades. Hélas, le temps se dégrade ici. Le beau temps est éphémère. Nous changeons de mouillage pour Andrews Bay. La plage de sable noir s'étend sur 2 kilomètres juste derrière 3 immenses glaciers qui se déversent dans la mer. Le débarquement à terre se fait en pneumatique et l'arrivée à la plage est assez sportive voire musclée.

Les 2 ornithologues nous renseignent sur ce rassemblement de manchots royaux. Environ 400 000 bestioles devant nous !!! Nous sommes bluffés par cette beauté indescriptible...

Le vent se lève et nous quittons ce lieu incroyable. Malgré le coup de vent annoncé, nous reprenons la mer pour arriver demain matin tôt dans un mouillage sûr. Un méchant coup de tabac est annoncé demain mais ça c'est un autre jour et une autre histoire.

Tous nous sommes maintenant convaincus que si le paradis existe, il pourrait ressembler étrangement à l'île où nous nous trouvons.

Comments (0) | Posted by BOUTDEVIE
18 Pages: first pageprevious page1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11next pagelast page

Sponsored Links


> Media processing

Do not close your browser processing could take few minutes if your file is heavy

We are currently uploading your media and generating thumbnails... Processing could take time if your file is heavy. Please do not close your browser before the response page.