Dimanche 20 Mai : Tempête de nord ouest
En plein milieu de la nuit, le vent tombe. Du coup, nous nous rendormons sereins pour le lendemain ! Mais ce matin c'est la grosse bourrasque. L'abside de notre tente est remplie de neige. Hier, je l'avais creusée d'au moins 50 centimètres. La neige l'a remplie par deux minuscules trous.
Le vent a fait une rotation de 180 degrés. Du coup, les pulkas qui nous servaient de barrage ne nous protègent plus. Rapidement Niko les déplace. A l'abri du vent, il fait -20, au vent c'est du délire, il fait -60 degrés !!!
Je sors aussi pour deblayer le surplus de neige. C'est la tempête, on tient à peine debout. Niko rentre, tandis que je finis mon boulot de terrassement. Mes mains me font terriblement souffrir. Finalement, je pénètre à l'abri, pour aussi déblayer l'abside et former une entrée totalement étanche.
Pour être plus précis, la tente est composée en deux parties. La première est ronde et nous sert de "maison". La deuxième est posée par dessus, en double tente et est prolongée à chaque extrémités par un mini tunnel de protection et de "désenneigement" des affaires. On appelle ça une abside. Quand elle est montée, on creuse à l'intérieur sur 20 à 50 centimètres pour que l'air froid, qui est plus lourd que l'air chaud, puisse y rester prisonnier. C'est aussi l'endroit où le réchaud à essence turbine pour transformer la neige en eau chaude pour les boissons et repas.
Dans ce sas, nous laissons aussi nos chaussures et pour moi ma prothèse. J'espère que j'ai été assez clair sur ces explications.
Donc de retour dans la tente, j'allume le réchaud avec une sale sensation de ne plus sentir mes doigts. Il me faudra une bonne heure pour reprendre un début de sensibilité. Niko, Hogan et moi avons tous les bouts des doigts totalement insensibles au chaud et froid depuis que nous sommes arrivés dans le grand froid. D'après la grosse expérience de Niko, c'est du classique dans les froids extrêmes et en un ou deux mois la sensibilité revient totalement.
Nous passons la journée refugiés dans nos duvets et nous nous occupons à de menus travaux de réparation et surtout à dormir et manger. Bref à récupérer.
Le baro ne descend plus, il s'est stabilisé. Le vent lui ne mollit pas : entre 60 et 70 km/heure. Voilà un dimanche de blizzard polaire.
Dimanche de blizzard
La tempête s'acharne sur les croisés des glaces
Réfugiés dans leurs tentes, ils attendent que le vent passe
Vus du ciel, ils semblent fourmis et non bivouac
L'ours blessé Nanouk discute avec Apoutiak
Il lui parle de chez lui, de son chez soi
Elle lui dit que sa maison à elle c'est le froid
Si différents pourtant si proches, ils partagent leur opinion
Un grand froid et il s'éteint, un coup de chaud et elle fond
Tous deux écoutent le blizzard sussurer
Contes et histoires des naufragés du passé
Nansen obligé de manger ses chiens de traîneau
Franklin naufragé des glaces, de lui on ne retrouvera qu'un mot
Baffin disparu, de lui ne reste qu'une île polaire.
Charcot sombra avec son équipage en mer
Tous chercheurs de liberté, de découvertes
Le blizzard aujourd'hui nous conte conquête
Là-bas près des miens à mon tour, l'hiver
Je conterais l'histoire d'Apoutiaq et Nanouq l'ours polaire.
Pensées : A tous mes potes qui naviguent : Djinn, Collen, Zigliara, Alamp, Soraya, Edmond Dantes, Galiote, Eclat...
Le vent a fait une rotation de 180 degrés. Du coup, les pulkas qui nous servaient de barrage ne nous protègent plus. Rapidement Niko les déplace. A l'abri du vent, il fait -20, au vent c'est du délire, il fait -60 degrés !!!
Je sors aussi pour deblayer le surplus de neige. C'est la tempête, on tient à peine debout. Niko rentre, tandis que je finis mon boulot de terrassement. Mes mains me font terriblement souffrir. Finalement, je pénètre à l'abri, pour aussi déblayer l'abside et former une entrée totalement étanche.
Pour être plus précis, la tente est composée en deux parties. La première est ronde et nous sert de "maison". La deuxième est posée par dessus, en double tente et est prolongée à chaque extrémités par un mini tunnel de protection et de "désenneigement" des affaires. On appelle ça une abside. Quand elle est montée, on creuse à l'intérieur sur 20 à 50 centimètres pour que l'air froid, qui est plus lourd que l'air chaud, puisse y rester prisonnier. C'est aussi l'endroit où le réchaud à essence turbine pour transformer la neige en eau chaude pour les boissons et repas.
Dans ce sas, nous laissons aussi nos chaussures et pour moi ma prothèse. J'espère que j'ai été assez clair sur ces explications.
Donc de retour dans la tente, j'allume le réchaud avec une sale sensation de ne plus sentir mes doigts. Il me faudra une bonne heure pour reprendre un début de sensibilité. Niko, Hogan et moi avons tous les bouts des doigts totalement insensibles au chaud et froid depuis que nous sommes arrivés dans le grand froid. D'après la grosse expérience de Niko, c'est du classique dans les froids extrêmes et en un ou deux mois la sensibilité revient totalement.
Nous passons la journée refugiés dans nos duvets et nous nous occupons à de menus travaux de réparation et surtout à dormir et manger. Bref à récupérer.
Le baro ne descend plus, il s'est stabilisé. Le vent lui ne mollit pas : entre 60 et 70 km/heure. Voilà un dimanche de blizzard polaire.
Dimanche de blizzard
La tempête s'acharne sur les croisés des glaces
Réfugiés dans leurs tentes, ils attendent que le vent passe
Vus du ciel, ils semblent fourmis et non bivouac
L'ours blessé Nanouk discute avec Apoutiak
Il lui parle de chez lui, de son chez soi
Elle lui dit que sa maison à elle c'est le froid
Si différents pourtant si proches, ils partagent leur opinion
Un grand froid et il s'éteint, un coup de chaud et elle fond
Tous deux écoutent le blizzard sussurer
Contes et histoires des naufragés du passé
Nansen obligé de manger ses chiens de traîneau
Franklin naufragé des glaces, de lui on ne retrouvera qu'un mot
Baffin disparu, de lui ne reste qu'une île polaire.
Charcot sombra avec son équipage en mer
Tous chercheurs de liberté, de découvertes
Le blizzard aujourd'hui nous conte conquête
Là-bas près des miens à mon tour, l'hiver
Je conterais l'histoire d'Apoutiaq et Nanouq l'ours polaire.
Pensées : A tous mes potes qui naviguent : Djinn, Collen, Zigliara, Alamp, Soraya, Edmond Dantes, Galiote, Eclat...
Comments (0) | Posted by BOUTDEVIE
