Lundi 28 mai : Délivrance !!!
Cette nuit, le coup de vent a cessé, mais il neige. Notre tente est ensevelie sous la neige. Véro nous envoie un bulletin pas très encourageant, peu importe il faut vivre le moment présent. Et maintenant le boulot est de déneiger le camp.
Le travail est arrassant, le manque de nourriture se fait vraiment sentir. La neige cesse et laisse place à un grand soleil. L'hélico de Kulusuk nous annonce que pour l'instant il ne pourra venir, car le plafond est trop bas.
Nous ne nous laissons pas abattre. Réunis dans la tente, nous chauffons de la glace pour un thé ! Le bilan de nourriture restant est de plus en plus maigre : trois soupes chinoises et 4 paquets de 125 grammes de fruits secs ! Mais encore 8 jours de pétrole pour le réchaud.
A 11h00, Nico appelle l'aéroport de Kulusuk et là, joie intense, le pilote vole vers nous. Nous n'osons y croire. Dans le calme, nous préparons nos affaires et effectivement dans le silence de la calotte, un bruit de moteur nous interpelle. C'est lui, l'hélico !
Dans un nuage de neige, il se pose. Le pilote connaît Nico d'une autre aventure sur la côte ouest. Il nous gâte avec un thermos de café et du pain et des chocolats. Il se doutait que nous étions en survie et nous a offert cette collation.
Ca y est, on décolle, le nez collé au hublot. Je regarde, ému, le pays d'Apoutiak. Ici, j'ai énormément souffert, mais tellement appris, que je remercie cet endroit unique au monde de m'avoir permis de comprendre qu'un tome du livre de ma vie s'était fermé et qu'une nouvelle allait s'ouvrir.
Le survol de la fin du glacier nous a réconfortés de s'être arrêtés au bord, car depuis trois jours, beaucoup de neige est tombée et toutes les crevasses sont à peine visibles du ciel, mais absolument indecelables à pied.
Pour arriver à Kulusuk, nous survolons des fjords d'une beauté à couper le souffle. Les icebergs de taille d'immeubles couvrent la mer. La nature n'est absolument pas souillée par la vanité de l'homme. Nous sommes bouche bée de tant de pureté. Dans la vie d'un homme, il y a des moments qui restent gravés à vie : celui-là en fera partie !!!
Kulusuk est un hameau de pêcheurs où il y a une piste d'atterrissage pour avion. Nous décidons de planter la tente sur un névé. Mais avec beaucoup de gentillesse, on nous explique qu'il serait préférable de camper en bas au village. Mais c'est loin et toujours avec diplomatie, on nous suggère le seul hôtel de la région et cédons au confort.
34 jours sans se laver avec les mêmes habits ?!?! La douche est une bénédiction des dieux mais le miroir m'impressionne. Je ne m'étais jamais vu aussi maigre. C'est très impressionnant, malgré la barbe, le visage est creusé et surtout trés marqué par les blessures du froid.
Nous faisons une petite marche, vue notre petite forme, jusqu'au bord de mer. Il y a des algues que je reconnais et en mange crues comme si c'était une laitue. Mes deux compères eux attendent l'heure du dîner. Je goutte l'eau qui est à peine salée mais glaciale.
Ce soir, il y a un buffet à l'hôtel. C'est une orgie. Le personnel, comme tout le village, est au courant de notre aventure. Tout le monde rit de notre gloutonnerie.
Demain, normalement, il y aurait une possibilité de prendre un vol pour l'Islande, mais ça c'est demain !!!
Pensées : A tous ceux qui ont prié pour nous !
Le travail est arrassant, le manque de nourriture se fait vraiment sentir. La neige cesse et laisse place à un grand soleil. L'hélico de Kulusuk nous annonce que pour l'instant il ne pourra venir, car le plafond est trop bas.
Nous ne nous laissons pas abattre. Réunis dans la tente, nous chauffons de la glace pour un thé ! Le bilan de nourriture restant est de plus en plus maigre : trois soupes chinoises et 4 paquets de 125 grammes de fruits secs ! Mais encore 8 jours de pétrole pour le réchaud.
A 11h00, Nico appelle l'aéroport de Kulusuk et là, joie intense, le pilote vole vers nous. Nous n'osons y croire. Dans le calme, nous préparons nos affaires et effectivement dans le silence de la calotte, un bruit de moteur nous interpelle. C'est lui, l'hélico !
Dans un nuage de neige, il se pose. Le pilote connaît Nico d'une autre aventure sur la côte ouest. Il nous gâte avec un thermos de café et du pain et des chocolats. Il se doutait que nous étions en survie et nous a offert cette collation.
Ca y est, on décolle, le nez collé au hublot. Je regarde, ému, le pays d'Apoutiak. Ici, j'ai énormément souffert, mais tellement appris, que je remercie cet endroit unique au monde de m'avoir permis de comprendre qu'un tome du livre de ma vie s'était fermé et qu'une nouvelle allait s'ouvrir.
Le survol de la fin du glacier nous a réconfortés de s'être arrêtés au bord, car depuis trois jours, beaucoup de neige est tombée et toutes les crevasses sont à peine visibles du ciel, mais absolument indecelables à pied.
Pour arriver à Kulusuk, nous survolons des fjords d'une beauté à couper le souffle. Les icebergs de taille d'immeubles couvrent la mer. La nature n'est absolument pas souillée par la vanité de l'homme. Nous sommes bouche bée de tant de pureté. Dans la vie d'un homme, il y a des moments qui restent gravés à vie : celui-là en fera partie !!!
Kulusuk est un hameau de pêcheurs où il y a une piste d'atterrissage pour avion. Nous décidons de planter la tente sur un névé. Mais avec beaucoup de gentillesse, on nous explique qu'il serait préférable de camper en bas au village. Mais c'est loin et toujours avec diplomatie, on nous suggère le seul hôtel de la région et cédons au confort.
34 jours sans se laver avec les mêmes habits ?!?! La douche est une bénédiction des dieux mais le miroir m'impressionne. Je ne m'étais jamais vu aussi maigre. C'est très impressionnant, malgré la barbe, le visage est creusé et surtout trés marqué par les blessures du froid.
Nous faisons une petite marche, vue notre petite forme, jusqu'au bord de mer. Il y a des algues que je reconnais et en mange crues comme si c'était une laitue. Mes deux compères eux attendent l'heure du dîner. Je goutte l'eau qui est à peine salée mais glaciale.
Ce soir, il y a un buffet à l'hôtel. C'est une orgie. Le personnel, comme tout le village, est au courant de notre aventure. Tout le monde rit de notre gloutonnerie.
Demain, normalement, il y aurait une possibilité de prendre un vol pour l'Islande, mais ça c'est demain !!!
Pensées : A tous ceux qui ont prié pour nous !
Comments (0) | Posted by BOUTDEVIE
