Et si c'était le paradis ?
A 4h30, nous sommes finalement en train de longer la côte nord Est de la Géorgie du Sud. La mer se calme et le soleil se met à briller. L'équipe Bout de Vie est en train de récupérer. Je ne peux dormir, je monte à la paserelle. L'ambiance est calme. Le coup de vent est déjà derrière, un souffle tribord avant.
8 orques nous accompagnent. Ils sont tranquilles. Coup de radio dans les cabines des naturalistes pour qu'ils nous rejoignent et nous sommes scotchés de ce ballet incroyable.
A 6h30, nous sommes au mouillage, devant l'ex station baleinière. Les vestiges sont intacts. Plus de 1 300 000 baleines y ont été tuées !
Passeports récupérés par les autorités locales, bottes nettoyées, nous descendons à terre. Les plages sont jonchées de débris laissés par les dépeceurs de cétacés et recouvrent la rive. Les éléphants de mer et les phoques à fourrure nous accueillent. Des manchots royaux sont là aussi pour nous observer.
Un voilier est amaré sur un vieux ponton flottant, c'est l'équipe d'Isabelle Autissier qui navigue ici depuis deux mois. Rémi aura droit à une photo avec la célèbre navigatrice.
Tout près de la cité fantôme un immense névé et voilà que nous profitons d'un moment de repos pour faire des glissades. Hélas, le temps se dégrade ici. Le beau temps est éphémère. Nous changeons de mouillage pour Andrews Bay. La plage de sable noir s'étend sur 2 kilomètres juste derrière 3 immenses glaciers qui se déversent dans la mer. Le débarquement à terre se fait en pneumatique et l'arrivée à la plage est assez sportive voire musclée.
Les 2 ornithologues nous renseignent sur ce rassemblement de manchots royaux. Environ 400 000 bestioles devant nous !!! Nous sommes bluffés par cette beauté indescriptible...
Le vent se lève et nous quittons ce lieu incroyable. Malgré le coup de vent annoncé, nous reprenons la mer pour arriver demain matin tôt dans un mouillage sûr. Un méchant coup de tabac est annoncé demain mais ça c'est un autre jour et une autre histoire.
Tous nous sommes maintenant convaincus que si le paradis existe, il pourrait ressembler étrangement à l'île où nous nous trouvons.
