Pied à terre...
Malgré une nuit de brouillard, nous arrivons sur la pointe des pieds en Antarctique. La mer est blanche de glaçons de toute taille et la visibilité réduite nous ralentit. Mais tout a une fin et vers 10 heures, le plafond de brume s'élève de 300 mètres et nous permet finalement de nous approcher en sécurité de la terre et de jeter l'ancre.
La température est de 2° ainsi que la mer. Les zodiacs sont mis à l'eau et nous embarquons pour la plage. Un immense glacier est sur notre gauche et un autre encore plus vaste sur notre droite. Devant nous, la plage de galets noirs, avec plein de rejetons d'icebergs en train de mourir.
Quelques manchots papous essaient de nous séduire, mais ici le roi est le manchot d'Adélie. Une colonie d'environ 40 000 couples y nichent. L'un des parents couve un ou deux poussins quand l'autre est en mer pour pêcher et ramener la bouillie de poisson.
Le phoque léopard est le seul prédateur et donc l'approche est très facile. Par moment, si l'on s'assoit, il est fréquent de voir un curieux s'approcher à quelques centimètres. Nous sommes dans un des rares coins de la planète où l'homme n'a pas encore mis sa patte et donc trop détruit. Le traité de l'Antarctique stipule bien qu'ici, aucun conflit ne pourra avoir lieu ! En espèrant que la vanité et l'orgueil de l'homme reste là-haut dans les terres dites civilisées.
Ce soir, juste avant le couché, Nico nous amuse de quelques tours de passe passe assez déconcertants. L'âme d'enfant de toute l'équipe se rejouit de ce moment de bonheur partagé.
Je vous laisse car le réveil sonnera demain matin à 4 heures 30 pour une longue journée d'observation...
